vendredi 28 février 2014

Rambutan


 Souvent ici, il arrive que la vie exauce de menus vœux du quotidien, à peine formulés au fin fond de mon fort intérieur.


 Hier, en traversant le quartier à pied pour aller faire une course, je levais les yeux vers de hauts arbres chargés de magnifiques fruits rouges  qu'on appelle "rambutan"= "poilus". La saison bat son plein, et cela faisait quelque jours que j'avais interrompu la cure de rambutan à laquelle je me soumets avec délice ces temps-ci. 
Sachant qu'il n'y avait aucune chance de rencontrer un vendeur de fruit sur la route, j'ai remisé mon envie par devers moi, et continué mon chemin nez au vent.
Au retour l'heureux hasard de mon itinéraire nous a fait rencontrer un homme qui récoltait ces fruits à l'aide d'une grande perche. Il m'avait déjà offert d'autres fruits dont j'ai oublié le nom il y a quelques mois déjà, et il eut l'excellente idée de renouveler ce beau geste. Après une petite causette avec sa famille, je suis repartie avec un sac plein de ces fruits délicieusement juteux, le cœur plein d'une gratitude émue envers ces gentils voisins et l'Indonésie toute entière.



Ouvrir l'épaisse peau caoutchouteuse hérissée de ces petits pics mous caractéristiques, découvrir une chair blanche un peu translucide attachée autour du noyau, engloutir tout le contenu de la cosse qui a juste la taille d'une bouchée, grimacer pour détacher la chair sucrée et l'avaler, recracher le noyau, balancer les cosses étoilées au loin... un plaisir sans faim.

   
 
                                     

En plus d'être savoureux le ramboutan est beau, il illumine les jours ternes et pluvieux, les abondantes grappes rouges suspendues dans les cîmes rappellent la manne qu'est la saison humide et les nuances de son mûrissement éclatent quand le soleil revient.








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